Aline Nishimwe, la spécialiste de Nyamacoma

 Aline Nishimwe, la spécialiste de Nyamacoma
Il y a des années, certains métiers étaient exercés par la gente masculine. Actuellement, la donne a changé. Des femmes exercent ces métiers longtemps réservés aux hommes. C’est le cas d’Aline Nishimwe, 26 ans. Cette mère de deux enfants est « grilleuse de viande » au restaurant se trouvant au marché dit « Chez Sion ». Cette spécialiste de la spécialité Nyamacoma s’en sort parfaitement bien

Nous sommes jeudi le 16 juin 2022. Il est 12h 30 au marché Bujumbura City Market (BCM) communément appelé « Kwa Sioni ». C’est l’heure de manger. De nombreuses gens affluent vers une dizaine de restaurants se trouvant à l’aire Ouest du marché. Dans tous ces restaurants la viande grillée dite Nyamacoma ou Umucopo prédomine. On est accueilli par l’odeur de la viande grillée.

Des vendeurs se pointent devant leurs restaurants pour appeler et courtiser les clients. « Karibu client » qui se traduit littéralement « Client, soyez le bienvenu », disent-t-il. Ce qui se remarque est que tous ces restaurants ont de la clientèle.

Une expérience de trois ans

Parmi ces restaurants, l’un recourt aux services d’Aline Nishimwe pour préparer Nyamacoma. Elle est en train de griller de la viande à l’entrée du restaurant. Elle nous révèle qu’elle a une expérience de trois ans dans le métier. Cette femme a commencé son métier en Arabie Saoudite, nous indique-t-elle. « J’y étais allée pour la recherche d’une vie meilleure comme d’autres Burundais qui se rendent souvent dans les pays du Golf», explique-t-elle.

« La femme pour laquelle je travaillais organisait de petites fêtes chez elle. Des fois, on préparait de la viande grillée et c’était moi qui m’en chargeais ». Après deux ans en Arabie Saoudite, Madame Nishimwe a décidé de retourner au pays natal pour s’occuper de ses enfants. Arrivée à Bujumbura, elle commence d’abord à faire le petit commerce. « Je vendais des légumes au marché de Ngagara dit « Cotebu ». C’est dans la commune Ntahangwa au Nord de la mairie de Bujumbura.

Son business n’a pas réussi. « C’est par après que je suis venu demander du travail ici. Je ne pouvais pas rester les mains croisées ». Aline Nishimwe vient de passer une année en tant que grilleuse de viande au marché Chez Sion. Elle commence le boulot à 7h 30 pour rentrer au-delà de 16h.

Elle se dit fière de son travail

Madame Nishimwe se dit fière de son travail qu’elle fait d’ailleurs avec joie et maîtrise parfaite. Cette mère de deux enfants touche cinq mille FBu par jour et explique qu’elle arrive à couvrir les besoins de sa famille. Elle doit également épargner l’argent du loyer. « Je consomme deux mille FBu pour épargner trois mille FBu ».

C’est elle qui prend en charge ses deux enfants qui vont tous à l’école. L’aîné étudie en 3ème année primaire et l’autre en 1ère année. Elle doit également payer une nounou qui s’occupe des enfants pendant la journée. « Cette dernière doit préparer le repas et s’occuper d’eux à leur retour de l’école », fait savoir la grilleuse de viande. Elle indique néanmoins que le salaire reste insuffisant.

Que de bonnes appréciations

La patronne se dit fière d’Aline Nishimwe. Elle salue ses services de qualité. « Nishimwe travaille avec rapidité dans tous ce qu’elle fait. Mes clients ne manquent jamais de la viande grillée à manger », affirme-t-elle.

Les clients saluent également les services d’Aline Nishimwe. Joseph Ndikumwenayo, vendeur d’habits au marché fait savoir : « Si je veux manger de la viande grillée, je viens toujours dans le restaurant dans lequel Mme Nishimwe travaille ». Et d’ajouter : « Cette femme prépare de la viande bien cuite et non saignante ».

Léoncie est une femme congolaise, originaire d’Uvira venue s’approvisionner au marché BCM. Elle se dit être épatée par cette femme qui fait le travail de grilleur de viande. Elle ajoute qu’elle mange dans ce restaurant dans le cadre de soutenir cette jeune femme.

Dans ses perspectives, Aline Nishimwe compte ouvrir son propre restaurant et engager d’autres femmes. Elle appelle d’autres femmes à ne pas avoir peur de ces métiers naguère réservés aux hommes car elles sont aussi capables que les hommes.

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