Bujumbura-Commerce: Les femmes vendeuses ambulantes dans l’angoisse

 Bujumbura-Commerce: Les femmes vendeuses ambulantes dans l’angoisse

En moins de trois mois seulement, le commerce ambulant est presque inexistant au centre ville de Bujumbura. C’est après la mesure de la mairie de Bujumbura, du 24 Novembre 2023, pourchassant les marchands de rue, dont la plupart étaient des femmes qui vendaient des fruits et légumes dans un panier qu’elles  portent sur la tête.

Depuis 2017, la police pourchassait ces femmes, les torturait et détruisait leurs marchandises, mais elle n’avait jamais réussi à les retirer du centre ville. Ces femmes restaient déterminées à poursuivre leurs activités pour gagner la  vie de leurs familles. Actuellement, au centre ville, il n’y a que des femmes qui vendent en cachant leurs marchandises et prêtes à courir lorsqu’elles sont surprises par la police.

“La plupart d’entre nous ne vient plus au centre ville. Elles ont peur d’être emprisonnées”. a indiqué une des femmes rapportées par Mukenyezi Magazine, qui a indiqué que 21 d’entre elles sont déjà à la prison centrale.

La famine va nous tuer. Je suis veuve de 5 enfants. Depuis la décision de la Mairie, je ne peux même pas avoir mille francs. Comment allons-nous vivre? Les autorités devraient compter sur nos doléances” a renchéri  les larmes aux yeux M.F, une autre vendeuse.

 La réhabilitation  de l’ancien marché central serait la solution 

K.E, qui a été choisie par les autres vendeuses pour les représenter, affirme que le commerce ambulant faisait vivre plus de deux mille femmes, qui sont actuellement dans la crise de pauvreté  sans précédent. “Nos conditions de vie ne cessent de se détériorer, car nous ne sommes plus capables de subvenir aux besoins de nos familles” a-t-elle dit, appelant les autorités à aménager l’ ancien espace appelée  “le Grenier” pour les y installer.  stabilité.

S’exprimant sur la déstabilisation de ces petites commerçantes, Pierre Nduwayo, président de l’Association Burundais des Consommateurs (ABUCO), lance un appel à l’administration, afin qu’elle aménage des espaces de travail permettant à ces femmes de continuer leurs activités. Pour lui, ce sont des femmes dynamiques qui méritent un encadrement. “Elles ont la volonté de travailler mais ne trouvent pas de conditions propices pour travailler dans la dignité”. Les coopératives qui interviennent en faveur des femmes devraient également les appuyer financièrement.

La déstabilisation des femmes commerçantes de rue a également, selon Nduwayo, affecté les consommateurs, car le centre ville est un milieu d’approvisionnement favorable par rapport aux marchés périphériques.

Le non paiement des impôts, le faible taux de la clientèle pour les commerçants œuvrant à l’intérieur des marchés sont parmi les raisons avancées par le ministre de l’intérieur, Martin Niteretse, pour justifier la chasse aux commerçantes ambulantes lors d’une émission publique du 6 octobre 2023, tenue à Gitega.  Il demande aux commerçants ambulants d’occuper les places vides dans les marchés, mais ceux-ci déplorent le manque de moyens pour s’y installer.

Fleur Mariette Muhire

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