Célébration de la charte de l’unité nationale rime avec recrudescence de la criminalité contre les femmes

 Célébration de la charte de l’unité nationale rime avec recrudescence de la criminalité contre les femmes

Georgette Mahwera, représentante légale de l’association Abakenyezi b’Amahoro n’Iterambere de Kinama : « Je demande que la femme ait une place dans les postes de prise de décisions.»

Le Burundi a célébré, lundi 6 février, le 32e anniversaire de l’adoption de la charte de l’unité nationale. Et ce au moment où des femmes sont tuées. Pour les femmes leaders communautaires, il y a encore du pain sur la planche.

A l’occasion de la célébration de l’adoption de la charte de l’unité nationale, des femmes leaders à Bujumbura s’expriment sur les défis rencontrés au sein de leurs communautés.

Ancilla Kanyange est une femme leader de la zone Kinama dans la mairie de Bujumbura et présidente de la coopérative Iterambere œuvrant dans le secteur agricole et développement : « Il n’y a plus de division comme cela s’observait dans les années passées. Les conflits ethniques sont en train de disparaître au Burundi. Actuellement, nous travaillons en coalition pour le développement des ménages et du pays.»

Cette sexagénaire évoque que l’unité ne se résume pas aux questions politiques ou ethniques. Elle déplore que les violences basées sur le genre persistent. Des femmes continuent à être tuées par leurs conjoints.

Trois femmes ont été tuées par leurs conjoints dans la province Kirundo dans le seul mois de janvier dernier, selon le gouverneur de Kirundo, Albert Hatungimana. Vendredi 3 février, une femme a été tuée dans la commune Rutovu dans la province Bururi.

Pour Ancilla Kanyange, l’unité n’est pas encore effective au sein des ménages. Et d’ajouter que les femmes continuent à subir d’autres formes de violences. Certaines sont battues, chaque jour, dans leurs ménages par leurs maris.

Elle dénonce, en outre, que certains administratifs à la base ne s’impliquent pas activement dans la lutte contre les violences faites aux femmes : « Les auteurs des violences ne sont pas systématiquement punis conformément à la loi. S’ils sont appréhendés, ils sont libérés,  quelques jours après

Les dénonciateurs de ces violences basées sur le genre sont intimidés. « Quand on poursuit une affaire auprès de l’Officier de Police Judiciaire(OPJ), nous recevons des appels d’intimidation », se lamente-t-elle, avant d’expliquer que dans ces conditions, il n’y a pas d’unité dans la société.

« Que la femme ait une place dans les postes de prise de décisions »

Georgette Mahwera, représentante légale de l’association Abakenyezi b’Amahoro n’Iterambere de Kinama, demande que la femme ait une place dans les postes de prise de décisions.

Hormis le Parlement où les 30% prévus pour les femmes sont respectés, observe-t-elle, dans l’administration, il y a encore à faire. Au gouvernement, peu de femmes ministres. Les femmes administratrices communales, les gouverneures, les cheffes de quartiers, les cheffes de cellules sont également peu nombreuses par rapport aux hommes. Pour Georgette Mahwera, si les femmes sont dans les instances de décisions, elles pourront contribuer à mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces violences.

Dans son discours à la nation, le président Ndayishimiye a rappelé que les autorités doivent veiller à l’égalité des Burundais sans distinction aucune. Les autorités devront veiller au bien-être de tous les citoyens et du pays en général. Et de ne plus viser leurs intérêts. Les autorités du pays devraient faire feu de tout bois pour faire respecter la Constitution.

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