Gretta Hatungimana, cette « top » talentueuse qui a su transformer les défis en opportunités

 Gretta Hatungimana, cette « top » talentueuse qui a su transformer les défis en opportunités
Laveuse de véhicules (Bolayi), maçon, vannière, Marie Gretta Hatungimana se bat tant bien que mal pour faire vivre sa famille et assurer son bien-être. A la rencontre de cette femme qui a brisé les préjugés en transformant les défis en opportunités dans la province de Bubanza

C’est vers 15 h que nous apercevons une femme entrain de laver un véhicule dans un car wash se trouvant au quartier Matonge, au chef-lieu de la province de Bubanza. Elle attire notre attention. Il faut avouer quand même que les femmes qui exercent ce métier sont rarissimes.

Un parcours de combattant

Marie Gretta Hatungimana, 26 ans et mère de deux enfants n’est pas seulement laveuse de véhicules. Elle pratique également la maçonnerie et la vannerie. Il faut admettre que la vie ne lui a pas du tout été facile. Orpheline de mère à bas âge, Hatungimana a quitté le banc de l’école dès le cinquième primaire. « Mon père s’est remarié et vous savez que parfois la vie est difficile quand vous êtes élevé par une marâtre ».

Elle débute sa carrière dans la vannerie. Membre d’une association des femmes, elle a bénéficié dans le passé d’une formation en cette technique.  « C’était dans le cadre d’un projet de renforcement des capacités des jeunes et des personnes vulnérables », précise-t-elle. « Nous fabriquons différentes sortes de paniers si les commandes se présentent. Parfois, nous recevons des commandes en provenance de l’étranger ». Et de préciser au passage qu’actuellement cette association est à cours des commandes.

Ses débuts dans le lavage des véhicules

Mme Hatungimana a commencé le métier de nettoyer les véhicules en février 2022. Débutant comme gérante de la car wash, elle constate par la suite que la clientèle dépasse de l’air à l’effectif des laveurs. « Il ne fallait pas que les clients trainent à être servis. C’est pour cela que je me suis intéressé à ce métier afin d’aider », raconte la mère de deux enfants. Il lui a fallu une semaine pour s’initier à ce métier. « Actuellement, je me débrouille correctement et je n’ai aucun souci quant à l’accomplissement de ce métier », confirme Mme Hatungimana tout en assurant que les clients se réjouissent de son travail. « Certains préfèrent ses prestations par rapport à celles des hommes ». Par jour, elle parvient à laver au moins 8 motos et 4 véhicules. En moyenne, une somme de 15 mille FBu ou de 20 mille FBu rentre dans les caisses de la car wash. Pendant cette période de pénurie du carburant, elle révèle enregistrer peu d’argent par rapport à d’autres jours suite à l’amenuisement de la clientèle.

La maçonnerie, un recours pour raffermir ses économies

Avant ses débuts dans le métier de lavage de véhicules, Marie Gretta Hatungimana pratiquait la maçonnerie. Payée mensuellement, elle indique que son salaire de lavage de véhicules ne lui permettait pas de faire des économies. Il couvrait à peine les dépenses pour rationner ses enfants et ses petits frères et petites sœurs qui sont à sa charge. Elle a en tout six personnes à sa charge.

Cette femme ne baisse pas les bras. Pour faire des économies, elle recourt plutôt à la maçonnerie si des marchés de construction se présentent. « C’est plus payant que le lavage des véhicules », affirme-t-elle.  Dans la maçonnerie, elle a débuté en tant qu’aide-maçon avant de se muer en maçon.  « Constant que le métier d’aide-maçon est fatiguant et moins payant, j’ai demandé aux maçons de m’initier à la maçonnerie », fait-elle savoir. Gagnant le pari, elle entre dans la maçonnerie après le fameux baptême « Gutanga impene » consistant à donner une chèvre destinée à être abattue et consommée par les maçons et les ingénieurs sur un chantier de construction. Cette femme parvient à concilier tous ces métiers. « Hatungimana exécute un marché construction pendant la journée pour revenir au car wash vers la fin de l’après-midi. Une commande de vannerie peut s’exécuter aisément le soir.

Elle informe tirer plus de profits de la construction. « Je parviens à encaisser plus de 200 mille FBu après avoir exécuté des marchés de construction ». Selon cette mère de deux enfants, le métier de lavage de véhicules est plus fatiguant que la maçonnerie. « Cette dernière est plus technique, mais le lavage des véhicules est plus dur parce qu’on est obligé de se courber. En lavant plus de 10 motos par jour, tu vas avoir mal au dos le soir », fait-elle savoir.

Malgré les défis, Hatungimana persiste. Elle appelle les autres femmes à ne pas avoir peur de certains métiers. « Au monde, aucun métier n’est réservé aux hommes. Que les femmes changent de mentalité et cessent de se déconsidérer ». Elle demande le soutien des organisations aux initiatives des femmes.

Marie Gretta Hatungimana est plus que jamais déterminée. Dans l’avenir, elle compte s’offrir un véhicule de transport. « Ce véhicule va m’aider à subvenir aisément aux besoins familiaux ». Elle rêve également d’acquérir sa propre parcelle où elle va construire sa propre maison.

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