Harcèlement et abus sexuels, des maux du sport féminin

 Harcèlement et abus sexuels, des maux du sport féminin

Un code de conduite anti-harcèlement et abus dans le sport a été mise en place en 2022. (Photo : FFB)

Le harcèlement et les abus sexuels sont des fléaux du sport féminin, dans toutes les fédérations. Les premières victimes  sont les mineurs. Pour y remédier, un code de conduite a été mis en place.

A l’occasion de la journée internationale du sport féminin, célébrée le 24 janvier de chaque année, une table ronde sur la lutte contre les harcèlements et abus dans le sport a été organisée par le Comité National Olympique (CNO), en collaboration avec l’Association des Journalistes Sportifs du Burundi (AJSB).

Lydia Nsekera, présidente du CNO, fait savoir que le harcèlement sexuel et les abus sont une réalité dans le sport au Burundi. « Nous l’avons constaté quand on a voulu préparé un plan stratégique du sport féminin 2019-2024. Le CNO a fait des enquêtes auprès des athlètes, des parents et des femmes qui sont dans le sport pour étudier ce qui empêche la fille à pratiquer le sport. Les résultats ont montré que le grand problème était le harcèlement sexuel ». Et d’ajouter : « Les premiers responsables sont les entraîneurs. »

E.I., footballeuse victime d’une grossesse non désirée, témoigne : « Une fois, j’ai voulu changer d’équipe. En m’entretenant avec l’entraîneur de l’équipe que je voulais rejoindre, il m’a exigé d’aller à son domicile, ce que j’ai refusé. Mon refus a fait que cet entraîneur refuse que je rejoigne son équipe. » Voulant rejoindre une autre équipe, la demande a été la même pour un autre entraîneur. Elle a fini par céder à sa demande pour qu’elle intègre l’équipe. Et elle est tombée enceinte. Ne baissant pas les bras et pratiquant toujours son sport, l’entourage la juge négativement.

Les harcèlements et abus sexuels sont aussi confirmés par S.M., footballeuse : « Dans notre équipe, il y a eu un changement d’entraîneur. Il m’a proposée des relations sexuelles pour être alignée sur tous les matches.» Refusant sa proposition, elle n’a pas été alignée sur le terrain, malgré ses bonnes performances. « Sur les 9 derniers matches, je n’en ai joué que deux alors que je suis la meilleure à mon poste », se lamente S.M.,  ajoutant que son entraîneur entretient des relations avec plusieurs filles de son équipe.

Ce n’est pas seulement au Burundi. De par le monde, des harcèlements et abus sexuels sur les femmes sont signalés dans le sport.

Un code de conduite pour faire face

Un code de conduite anti-harcèlement et abus dans le sport a été mise en place en 2022. Selon Mme Nsekera, des sanctions très sévères jusqu’à l’exclusion vont être infligées aux auteurs.

Ce code prévoit une commission mixte chargée de combattre les harcèlements et abus dans le sport. Cette commission est chargée de s’occuper de la gestion des signalements des officiels ou des athlètes, d’enquêter sur les cas de harcèlement et d’abus. Sur base de ces signalements, cette commission va mener des enquêtes. La commission doit travailler en étroite collaboration avec ses partenaires, prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le harcèlement et les abus dans le sport. La commission doit mettre en œuvre une politique de protection des athlètes. La commission est mise en place au niveau du CNO, des fédérations et des clubs. La commission est composée de trois personnes, dont un juriste.

Quid des entraîneurs ?

Ce code stipule que les entraîneurs doivent s’abstenir de tout comportement constituant un harcèlement ou un abus, maintenir un milieu de travail favorisant le respect mutuel. Ils sont aussi tenus de dénoncer toute situation de harcèlement, d’abus ou de discrimination. Ils doivent s’abstenir d’une relation inappropriée avec une athlète, notamment les relations de copinage avec une athlète de son club. Il est également interdit aux entraîneurs d’avoir des relations de copinage avec une athlète de sa fédération sportive étant marié. Toutefois, ce code prévoit qu’un entraîneur célibataire peut développer des relations de copinage avec une athlète qui n’est pas de son équipe.

Dr Célestin Mvutsebanka, secrétaire générale de la Fédération de Rugby, précise que la mise en place de ce code de conduite est un engagement fort de toutes les parties prenantes dans le combat contre les harcèlements et abus sexuels. Avec la vulgarisation de ce code, il estime que les résultats seront  positifs.

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