Harcèlement sexuel : Le secteur médiatique pas en reste

 Harcèlement sexuel : Le secteur médiatique pas en reste

Diane Ndonse, présidente de l’AFJO : « Le phénomène de harcèlement sexuel empêche certaines femmes de s’épanouir dans leur carrière ».

Un sondage réalisé par l’AFJO révèle une réalité affligeante : des journalistes, majoritairement des femmes, sont aussi harcelés sexuellement. Un code de conduite vient d’être mis en place pour prévenir ce phénomène.

Avec l’appui de l’UNESCO, l’Association des Femmes Journalistes du Burundi (AFJO) a réalisé, en septembre 2022, un sondage sur le harcèlement sexuel dans le monde médiatique. 126 journalistes de 30 médias ont été sondés. Le phénomène de harcèlement dans les médias est une réalité, selon les résultats du sondage. 17,5% des journalistes sondés affirment avoir reçu des avances sexuelles. C’est une hausse de 0, 5% par rapport à 2020. Et 39,7% affirment avoir un  collègue ayant reçu des avances sexuelles. Le taux augmente de 9,7% sur la même période.

Ce phénomène touche les hommes et les femmes, avec une plus grande proportion de femmes : 57,5% des sondés confirment que les auteurs sont des hommes tandis que 17,5% assurent que les auteurs sont des femmes.

Entre autres actes de harcèlement sexuel, les contacts physiques ou attouchements corporels, le traitement de faveur, les cadeaux tendancieux, les fixations du regard sur les parties intimes, l’envoi de messages qui contiennent des images à caractère sexuel. Les auteurs sont des collègues pour 21,4%, les autorités hiérarchiques (25,4%) et les personnes ressources (9,5%).

La peur plus forte que le mal  

Les victimes préfèrent garder silence, malgré l’existence de la loi portant prévention, protection des victimes et répression des violences basées sur le genre depuis 2016. Entre autres raisons, la peur du licenciement, de la stigmatisation, des représailles violentes ou abusives par l’auteur, le refus de subir un processus officiel d’enquête auprès d’un employeur antipathique, etc.

Pour Diane Ndonse, présidente de l’AFJO, ce phénomène de harcèlement sexuel empêche certaines femmes de s’épanouir dans leur carrière. Il  peut, en outre, contribuer à la mauvaise qualité des productions médiatiques et fragiliser les institutions médiatiques.

Suite à l’absence d’un système efficace de remontée d’information en cas de harcèlement, les victimes n’ont pas de structure de recours. Elles ruminent en silence les mots, les gestes et les comportements maladroits de leurs bourreaux.

Un code de conduite pour prévenir le harcèlement sexuel

Pour contrer ce phénomène, un code de conduite a été mise en place, mercredi 23 novembre, lors d’un atelier réunissant les parties prenantes du secteur médiatique.

Ce code recommande les responsables des médias d’être courtois et respectueux envers les différentes catégories de personnel. Il leur est aussi recommandé de séparer les lieux d’aisance des hommes et ceux des femmes, d’installer des caméras de surveillance dans les lieux professionnels.  Les responsables des médias sont également appelés à interdire les propos, gestes et langages sexuels dans le milieu du travail, faire du harcèlement sexuel une faute lourde dans les entreprises de presse, d’afficher le code de conduite dans un lieu visible par tous les employés, de mettre en place une équipe mixte d’écoute, conseil et orientation des victimes.

Thierry Kitamoya, assistant du ministre en charge des médias, exhorte les responsables des médias à afficher ce code de conduite dans leurs rédactions respectives. « Le ministère ne ménagera aucun effort pour appuyer la synergie des actions de communication allant dans le sens du développement durable et équitable de la nation burundaise », conclura-t-il.

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