La pédagogie sensible au genre, susceptible de maintenir les filles à l’école

 La pédagogie sensible au genre, susceptible de maintenir les filles à l’école

La violence basée sur le genre, le mariage précoce ou forcée, les grossesses en milieu scolaire sont quelques-uns des obstacles majeurs dans l’accès et le maintien des filles à l’école.  A cet égard, les Etats de la région des Grands Lacs sont appelés à adopter le modèle de « Pédagogie sensible au genre » dans leurs programmes nationaux de l’Education. 

La Concentration des Collectifs des Associations Féminines des Grands Lacs (COCAFEM/GL), en collaboration avec le Forum for African Women Educationalists (FAWE), ont organisé à Nairobi du 27 au 28 mars une conférence sur le thème : « L’accès et le maintien de la fille à l’école et la participation de la femme dans les organes de prise de décision dans le secteur de l’éducation. »

Les deux organisations ont constaté la persistance des politiques, des pratiques discriminatoires et des stéréo- types sexistes contre les filles et les femmes. Il s’agit notamment du plafond de verre auquel se heurtent les femmes dans les organes de prise de décision à tous les niveaux, notamment dans le secteur de l’éducation. Cela entrave aussi la promotion de l’accès et du maintien des filles à l’école, soutiennent ces femmes sensibles aux besoins spécifiques des filles.

« La représentativité équitable des femmes et des hommes dans les instances décisionnelles dans le secteur de l’éducation donnerait aux femmes un pouvoir qui les permettrait d’adopter le modèle de la pédagogie sensible au genre qui est susceptible de réduire les VBG en milieu scolaire », lit-on dans un communiqué conjoint sorti par les membres des deux organisations ainsi que les délégations de différents pays de la région des Grands Lacs.

« Le problème de sous-éducation des filles et l’exclusion des femmes dans les organes de prise de décisions dans le secteur de l’éducation constituent un fléau dans la région des grands lacs », a déclaré Victor C Mugaruka, chargé du Programme et Assistant Programme Genre, Femmes et Enfant à la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL).  Il considère que la question de l’égalité genre est l’une des préoccupations capitales dans la conception des programmes de développement.  « On ne peut pas parler de paix et de sécurité dans la région sans parler de la promotion de l’éducation des filles », a-t-il ajouté. Il a cité l’intellectuel ghanéen James Emman Aggrey qui soulignait, dans les années 1920, l’importance de la femme dans la société : « Eduquer une fille, c’est éduquer une nation. »

Recommandations aux gouvernements

Les organisations féminines demandent aux gouvernements de renforcer l’élaboration et la budgétisation de la pédagogie sensible au genre afin d’instaurer un système d’éducation inclusive, équitable et de qualité ; d’adopter le modèle de la pédagogie sensible au genre dans les programmes nationaux de l’Education qui permettra de prendre en compte les besoins spécifiques des filles et des garçons.

En plus de la promotion de l’égalité, ces défenseurs des droits des femmes prônent aussi la prise en compte de la question de l’intersectionnalité, une théorie analysant les différentes formes d’oppression. Dans cette optique, elles réclament la mise en place de politiques et de règlementations qui garantissent à tous les enfants en situation de handicap d’avoir accès à une éducation de qualité.  Il s’agit notamment « des établissements scolaires accessibles à tous, l’utilisation des outils pédagogiques adaptés et la formation des enseignements ».

Elles demandent aussi d’adopter des lois et des mesures inclusives dans le secteur de l’éducation pour permettre aux filles enceintes et aux jeunes mères célibataires de poursuivre leurs études.

Elles recommandent d’adopter une politique régionale de discrimination positive pour favoriser la participation des femmes dans les instances de prise de décisions dans le secteur éducatif ainsi qu’une politique des bourses d’études visant à encourager les filles vulnérables, dont les réfugiées, les déplacées, les retournées et celles en situation de handicap à continuer leurs études universitaires.

La présidente de la COCAFE Marguerite Mutuminaka a insisté sur la nécessité de la participation des femmes dans les instances décisionnelles : « Nous constituons plus de 50% de la population mondiale. Nous avons donc le droit et le devoir de participer dans la vie du pays. »  Elle a profondément soutenu cette citation de Victor C Mugaruka de la CIRGL : « Là où les hommes font bien, les femmes peuvent faire mieux. »

Toutefois, M. Mutuminka souligne que « l’important n’est pas qu’elles occupent des postes importantes, plutôt qu’elles soient compétentes et performantes ». Et de les exhorter à « travailler dur pour apporter le changement ».

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