Lien entre VBG et grossesses non désirées en milieu scolaire

Les grossesses non désirées en milieu scolaire sont en grande partie les effets des violences basées sur le genre. Prises dans les filets des besoins financiers et la recherche des points, les jeunes filles sont dans la plupart des cas victimes des grossesses non désirées.

En marge de la 4e édition du forum des femmes en action tenue du 8 au 9 décembre à Kayanza par Search for Common Ground Burundi, s’est tenu un panel sous le thème : « Tous ensemble contre les violences faites aux femmes et filles ». Différents intervenants ont convergé sur le fait que les grossesses non désirées en milieu scolaire sont des VBG.

Kayanza est l’une des provinces qui enregistrent un nombre de cas de grossesses non désirées en milieu scolaire. 101 cas ont été enregistrés au cours de l’année scolaire 2020-2021. Ils étaient à 136 pour 2019-2020 et 118 pour 2018-2019, selon le rapport du ministère de l’Education. Les filles du fondamentale sont plus touchées que celles du post-fondamentale. Elles étaient 32 en 2020, 22 en 2019 et 15 en 2018.

Justine Komezadusabe, conseillère administrative et économique du gouverneur de Kayanza, explique que la raison principale est la pauvreté dans les familles. Il y a également la recherche des points. Georgette Ndayishimiye, présidente du Centre de Développement Familial et Communautaire (CDFC) Ngozi, ajoute le vagabondage sexuel des jeunes filles. Les auteurs de ces grossesses sont souvent des motards, des enseignants et des élèves.

L’absence de dialogue parents-enfants sur la vie sexuelle est une autre cause des grossesses non désirées, selon Dr Alida Manariyo, présidente du forum des femmes dans la province Gitega et directrice du Centre Humura de Gitega.

Les conséquences de ces violences sont diverses, notamment l’abandon scolaire. Victime d’une grossesse non désirée à 14 ans et étant en 8e année du fondamental, A.B. de Kayanza a abandonné l’école. Orpheline et habitant chez sa grande sœur, elle vit actuellement sous pression familiale. Sa famille ne l’a pas soutenu et a voulu la chasser de la maison.

La précarité à l’origine des grossesses non désirées en milieu scolaire

Yolande Nintunze de l’Association des Femmes Journalistes (AFJO) affirme que les grossesses non désirées en milieu scolaire ont des liens avec les violences faites aux filles. Elles sont victimes de viol ou de manipulation par des cadeaux, suite surtout à l’état de précarité économique de leur famille. « Les hommes leur promettent de leur offrir ce dont elles ont besoin en échange du sexe. Cela est considéré comme une violence car elles n’ont pas le choix. Elles vont donc décider d’avoir des rapports sexuels », a ajouté Dr Alida Manariyo.

Pour Georgette Ndayishimiye, une fille qui est sur le  banc de l’école reste une mineure, quel que soit son âge. « Si elles ont des échecs dans un cours quelconque, les enseignants les forcent de coucher avec eux pour bénéficier d’une délibération », explique-t-elle tout en soulignant qu’il s’agit d’une violence faite à l’encontre de ces jeunes filles.

Pour Dr Manariyo, l’éducation parentale est la base. En l’absence du dialogue parents-enfants, les filles sont faciles à influencer. Les parents devraient engager des dialogues sur la sexualité avec leurs enfants. Il est important de les sensibiliser sur les conséquences qui en découlent. Et les centres de santé doivent être renforcés à cet effet.

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