Rumonge : des maçonnes présentes sur des chantiers de construction

 Rumonge : des maçonnes présentes sur des chantiers de construction

Photo : Ejo

Des femmes commencent à être engagées comme maçonnes sur différents chantiers de construction. Mais des défis ne manquent pas, dont les préjugés sexistes de certains chefs de chantier refusant de les embaucher.

Delphine Ndihokubwayo, 31 ans, mère de trois enfants, de  la colline Gatete en commune Rumonge, a été engagée comme maçonne par l’entreprise chinoise « Chikoï » qui est en train de réhabiliter la route nationale numéro 3 tronçons Rumonge-Nyanza-lac.

Elle indique avoir bénéficié d’une formation en maçonnerie pendant 6 mois de la part du Conseil pour l’éducation et le développement (COPED), une organisation du diocèse de Bururi.

Après la formation, elle a décroché un certificat de formation en maçonnerie et a commencé à chercher du travail. Elle s’est heurtée aux préjugé sexistes des chefs de chantier de construction qui doutaient de la capacité technique et professionnelle d’une maçonne.

Elle a passé un test de recrutement comme maçonne pour l’entreprise « CHIKO » et a été retenue.

Elle est fière de son travail car elle parvient à subvenir aux besoins de ses enfants. Leur père est parti vers le Kenya à la recherche d’un travail. Aujourd’hui, grâce à ce travail, elle dit être considérée dans la société.

Delphine invite les autres femmes et filles à briser le tabou et à apprendre divers métiers afin de gagner leur vie.

Sur la colline Mutambara, Mariam Nahimana en salopette, tenant  dans une main un niveau à eau et une truelle ainsi qu’un fil à plomb dans l’autre, va chercher un travail journalier sur un chantier de construction dans la ville de Rumonge.

Elle a été formée en maçonnerie par le COPED et celui-ci lui a remis un kit de matériel pour un maçon. Elle ne vit que  de ce travail de maçon depuis bientôt 2 ans et confie pouvoir payer sans difficultés les frais scolaires pour ses enfants ainsi que les soins de santé.

Les maçonnes de cette colline viennent de fonder une association de maçonnes sur la colline Mutambara afin de défendre leurs droits socio-professionnels.

Mariam lance un appel vibrant à toutes les femmes vulnérables de ne pas verser dans la débauche ou la mendicité mais d’affronter la vie en devenant aide-maçon sur un chantier.

« Faire face aux différents défis »

Ces maçonnes assurent que les défis ne manquent pas dans leur métier, mais qu’elles doivent les relever affronter, notamment une certaine opinion qui accuse ces femmes de briser la culture burundaise qui ne permettrait pas qu’une femme monte au-dessus d’une maison pour mettre des tôles.

Certains chefs de chantier de construction ne veulent pas engager de femme, la considérant comme d’incapable sans pourtant lui faire passer un test de recrutement.

Les hommes qui ne permettent pas à leurs femmes d’aller travailler sur des chantiers constitue un autre défi, selon les mêmes sources.

Augustin Habonayo, coordinateur du projet au sein de la COPED, fait savoir qu’une cinquantaine de femmes ont été formées en maçonnerie pendant 6 mois.

Chaque femme a reçu du COPED un kit de matériel de construction lui permettant d’embrasser le métier de maçon sans problème.

Il lance un appel aux entreprises de construction de promouvoir les femmes en les embauchant sur leurs chantiers de construction, car aujourd’hui aucun métier n’est réservé aux hommes uniquement.

« Les organisations qui militent pour l’autonomie financière de la femme devraient organiser ces maçonnes en association en vue de leur promotion », a-t-il conclu.

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