Sugar daddy, ces chasseurs de jeunes filles

Des jeunes filles étudiantes à la recherche d’une belle vie, acceptent de vivre aux dépens des hommes âgés, mariés et riches, appelés « Sugar daddy ». Des relations qui cachent une triste réalité.

Nous sommes jeudi 8 décembre. Il est presque 13h, heure de pause pour les étudiants. Nous débarquons à l’une des universités de Bujumbura. A l’intérieur, milliers d’étudiants et étudiantes sillonnent les cours. D’autres rentrent chez eux. A l’extérieur, l’embouteillage des belles voitures des Sugar daddy qui attendent de jeunes étudiantes en train de sortir des cours,  le sourire aux lèvres.

K. Lili, étudiante, confie son histoire : « Je n’ai jamais su qu’un jour je serai en amour avec quelqu’un de plus âgé que moi. C’était au début de la première année quand un homme est venu vers moi et a commencé à s’intéresser à moi en me donnant des cadeaux, notamment un Smartphone, un ordinateur portable, de belles chaussures, etc. J’ai été attirée non seulement par son aisance financière, mais aussi par sa maturité. En plus, je me sentais protégée et plus libre.»

Après quelques mois, l’homme en question lui a demandé de sortir pendant la nuit et la fille a accepté, pensant qu’il a un projet de mariage avec elle.

« Nous sommes sortis ensemble plusieurs fois, le soir,  et nous avons commencé à avoir des relations sexuelles, les unes plus dégradantes que les autres. C’était de pire en pire, mais je ne savais pas comment m’en sortir », se désole cette jeune fille.

Soupçonneuse, elle a fini par découvrir que son homme avait une femme et des enfants de son âge. « C’est là que j’ai décidé de rompre la relation. Il m’a fallu du temps pour tourner la page, mais j’en garde encore. On se croit forte, mais on est vulnérable », affirme K. Lili.

 La recherche de l’aisance matérielle comme motivation

Fifi, étudiante en bac3, évoque la pauvreté et le chômage, poussant un grand nombre de jeunes filles à accepter ce genre de relations : « Tu finis tes études, mais tu peines à trouver un emploi dans un monde de plus en plus capitaliste où tu n’es rien sans moyens financiers alors que tu as passé des années et des années sur le banc de l’école. Pas étonnant, dans ces conditions, que certaines soient prêtes à tout pour s’en sortir. »

Fifi égrène les conséquences fâcheuses de ce genre de ‘’relation amoureuse’’ pour la jeune fille : « Les jeunes de son âge la fuient, elle perd sa dignité. Ensuite, la fille concernée n’est plus capable de sortir avec quelqu’un de son âge qui n’est pas financièrement aisé. Enfin, elle développe un complexe de supériorité. »

Ingrid Kamusoni, une des membres de l’Association pour la Promotion de la Fille Burundaise (APFB), déplore que ces hommes mariés sortent également avec des jeunes filles de l’école secondaire.

Elle souligne que les dangers sont nombreux pour ces jeunes filles qui sortent avec ces hommes riches, notamment les maladies sexuellement transmissibles, le manque de confiance envers leurs parents, un avenir gâché, l’abandon de l’école, etc. Elle ajoute que ces relations peuvent aussi avoir un impact psychologique négatif.

Mme Kamusoni lance un appel à ces jeunes filles de ne pas entraîner le divorces de ces hommes mariés, de persévérer en visant loin. « Un avenir meilleur vous attend, soyez courageuses ! », a-t-elle conclu.

admin

Articles similaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

MENU
Mukenyezi Magazine