Victimes de viols, les chiffres font froid dans le dos

 Victimes de viols, les chiffres font froid dans le dos
882 femmes et filles dont 678 mineures victimes de viol au cours de cette année ont été accueillies au Centre Seruka. Des chiffres alarmants qui devraient inciter tout un chacun à s’impliquer dans les stratégies de prévention.   

Du 1er janvier au 31 octobre 2022, le Centre Seruka a accueilli 882 victimes de viols, dont 771 filles et femmes (80%). Parmi elles, 678 sont mineures, a indiqué Kamariza Emérentienne, coordinatrice du Centre Seruka. Elle informe également que ce centre a accueilli 118 cas, dont 111 de sexe féminin ayant subi des violences physiques, économiques et morales.

Des témoignages alarmants. Anitha, 13 ans, raconte son calvaire : « Un inconnu m’a violée, j’étais en 7e. Rentrée à la maison, je n’ai pas eu le courage de dire ce qui m’est arrivée. Les larmes coulaient en secret et mon cœur était blessé.»  Par la suite, elle est tombée enceinte. « Mes parents l’ont constaté, mais n’ont pas cru que j’ai été violée », a-t-elle déploré.

Suite aux critiques des élèves de son école, Anitha a pris la décision d’abandonner l’école. « Mes parents ont commencé à m’insulter en me disant que je ne suis pas leur propre fille. J’ai été rejetée, humiliée et incomprise par mes frères et sœurs. Ces derniers m’ont considérée comme leur esclave », confie Anitha.

 Le chemin reste encore long…

En comparaison avec les statistiques de cette année avec les années précédentes, Mme Kamariza révèle que les chiffres ont diminué.  Le chemin est encore long, nuance-t-elle, car la vie des jeunes filles est en train d’être ruinée par les viols.

Pour la coordinatrice du Centre Seruka, les causes entraînant ces violences sont, entre autres, la culture, la dépendance économique de la fille ou de la femme, l’ignorance, la méconnaissance, l’analphabétisme.

Mme Kamariza appelle tout un chacun à se sentir concerné par le cas d’une victime d’abus sexuel : « Il faut être sensible au malheur d’autrui. C’est à ce moment-là que l’on pourra s’engager dans la prévention et agir en conséquence lors de la survenue d’un cas. »

Elle demande au gouvernement de renforcer les actions de sensibilisation pour que la population puisse s’impliquer dans la lutte contre les VSBG et de veiller à l’application de la loi pour que les accusés soient punis.

admin

Articles similaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

MENU
Mukenyezi Magazine